Nature venue d’ailleurs : entre quête humaniste et colonisation scientifique du monde

Ou comment et pourquoi acclimater animaux et végétaux en provenance des colonies

Les terres coloniales exercent une fascination pour les naturalistes et les savants. Les sciences naturelles deviennent un outil au service du monde industriel, agricole et scientifique. On demande aux savants et autres explorateurs de rapporter animaux et végétaux. Les conservateurs du muséum et du jardin zoologique de Marseille expérimentent de nombreuses acclimatations animales avec plus ou moins de succès. Concernant l’acclimatation des végétaux, le nom d’Édouard Heckel est incontournable à Marseille. Botaniste réputé, il acclimate en Provence les ignames, les arachides ou le cola. La nature est alors asservie « à la mère patrie et son empire ». Cette nature et ces modes d’alimentation venus d’ailleurs figurent toujours dans nos assiettes mais ce goût pour l’exotisme se révèle parfois un échec commercial. Le très lucratif commerce de la soie avec l’importation de cocons venus des colonies suscite aussi de vifs débats autour de la protection des produits français.

Auteurs et autrices

  • BORRELY Christophe

    Paléontologue et conservateur du patrimoine, Institut national du patrimoine
  • DARD Anne

    Conservatrice en chef, Directrice du Muséum d’histoire naturelle de Marseille

Bibliographie

Blais Hélène (2023). L’Empire de la nature. Une histoire des jardins botaniques coloniaux, fin XVIIIe siècle-années 1930, Champ Vallon, Ceyzérieu, RIS, BibTeX.

Lima Pedro, Médard Anne (2021). Bicentenaire du Muséum, Tome 1, Le Muséum d’histoire naturelle de Marseille, 200 ans de collections partagées, Synops/ville de Marseille, Marseille, RIS, BibTeX.

Lima Pedro, Médard Anne (2021). Bicentenaire du Muséum, Tome 2, Le Jardin zoologique, du parc animalier d’agrément aux collections du Muséum, Synops/ville de Marseille, Marseille, RIS, BibTeX.

Boumedienne Samir (2016). La Colonisation du savoir. Une histoire des plantes médicinales du « Nouveau Monde » (1492-1750), Editions des mondes à faire, Vaux-en-Velin, RIS, BibTeX.

Singaravelou Pierre (2011). Professer l’Empire. Les « sciences coloniales » en France sous la Troisième république, Publications de la Sorbonne, Paris, RIS, BibTeX.

Aillaud Georges, Aillaud Arlette (2002). “Une collaboration municipalité/faculté : le jardin botanique”, in Aillaud Georges, Georgelin Yves, Tachoire Henri (édité par), Marseille 2600 de découvertes scientifiques. II Vers la création de la faculté des sciences, Publications de l’Université de Provence, Aix-en-Provence, p. 295-310, RIS, BibTeX.

Siepi Jules (1937). “Petite histoire du Jardin Zoologique de Marseille”, Annales du musée d’histoire naturelle de Marseille, 28(7), p. 5-11, RIS, BibTeX.

Suquet Noël (1861). Notes sur les autruches du Jardin zoologique de Marseille, Marseille, RIS, BibTeX.

Pour citer

BORRELY Christophe, MÉDARD Anne (2025). “Nature venue d’ailleurs : entre quête humaniste et colonisation scientifique du monde”, Mars Imperium (https://marsimperium.org/nature-venue-d-ailleurs-entre-quete-humaniste-et-coloni), page consultée le 17 février 2025, RIS, BibTeX.