Couronne d’officiant taoïste

Matériau principal : organique
Bon état.
Dimensions :
Hauteur = 20,5 cm ;
Largeur = 29 et 47 cm ;
Largeur panneaux = 7 x 5 cm ;
Largeur petits panneaux : 5 x 3,5 cm.
Carton peint et coton.
Portée autour de la tête pendant les cérémonies.
Couronne en papier fort de teinte écrue, peint sur une face de personnages et monté sur un ruban de cotonnade écru et jaune qui sert à la nouer sur la tête du prêtre. Forme en arc de cercle, uni à la partie inférieure, découpé en triangles à la partie supérieure, et plié en accordéon suivant les pointes de base des triangles ; 6 pièces en papier de même forme, mais plus petites que les 7 panneaux formés par les pliures, sont fixées par des fils dans ces pliures et sont peintes sur les 2 faces. Les 7 panneaux, de gauche à droite, représentent des personnages ayant un svastika sur la partie inférieure du vêtement :
o un personnage nimbé de blanc sous des nuages tenant un sabre et vêtu de bleu,
o un personnage nimbé de rouge, tenant un bouton de lotus et vêtu de jaune,
o un vieillard nimbé de flammes, tenant un bouton de lotus et vêtu de bleu
o un personnage nimbé de flammes tenant un bouton de lotus et vêtu de bleu, plus jeune que le précédent.
o un personnage nimbé de flammes tenant un bouton de lotus et vêtu de vert, analogue au précédent.
o un personnage nimbé de rouge, tenant un bouton de lotus et vêtu de de bleu et de rouge.
o un personnage nimbé de blanc sous des nuages tenant un sabre et vêtu de rouge.
Décor des 6 panneaux mobiles :
o deux jeune bonzes, l'un vêtu de bleu, l'autre de jaune, et coiffés d'un bonnet noir, rouge et blanc.
o deux phénix, l'un bleu et vert et l'autre bleu, jaune et vert.
o deux dragons de profil, l'un bleu et jaune et l'autre jaune et vert, dans les flammes, au-dessus d'une fleur quadrilobée rouge sur vert et rouge sur bleu.
o même décor que sur le panneau précédent mais inversé.
o même décor que sur le second panneau mais inversé.
o même décor que sur le premier panneau mais inversé.
Bijou, parure, Musée du quai Branly - Jacques Chirac, Unité patrimoniale Asie
Collecter
La couronne d’officiant taoïste a été collectée dans un contexte de conquête militaire par le Capitaine Maire, au cours de l’expansion coloniale française en Asie, plus précisément au Tonkin entre 1883 et 1886. Cet objet, une couronne d’icônes de prêtre appartenant à la communauté Mans-Coc, a ensuite été rapporté en France et offert au Musée colonial de Marseille, comme l’indique l’étiquette : « Musée Colonial Marseille. Tonkin. Couronne d’icônes prêtre Mans-Coc Don du Capitaine Maire ». Cette collecte s’inscrit dans une pratique courante de l’époque visant à collecter des artefacts exotiques pour documenter et exposer la diversité culturelle des territoires colonisés, tout en légitimant la présence et la domination françaises.
Catégoriser
La couronne d’officiant taoïste a fait l’objet d’une documentation approfondie, facilitant non seulement son étude et sa conservation, mais aussi sa catégorisation précise. Le collecteur, le Capitaine Maire, a veillé à décrire l’objet en détail, à en contextualiser l’usage cérémoniel, et à l’accompagner de photographies et de dessins, renforçant ainsi la compréhension et la classification de cet artefact.
Conserver
Le Capitaine Maire donne sa collection au Musée colonial de Marseille entre 1899 et 1929 dans l’objectif d’en garantir la conservation. Après le démantèlement de cette institution en 1961, les collections ont été transférées l’année suivante au musée de l’Homme à Paris. En 2005, elles ont intégré le nouveau musée du Quai Branly, qui vise à préserver et valoriser les collections d’anthropologie culturelle.
Exploiter
L’un des objectifs principaux des missions scientifiques coloniales était de documenter les richesses culturelles, naturelles et géographiques des populations rencontrées. Elles visaient à enrichir le savoir universel tout en légitimant la colonisation et l’exploitation des territoires concernés.
Parcours
La couronne d’officiant taoïste a été collectée au Tonkin (actuel Vietnam) entre 1899 et 1929. Elle a ensuite été transférée par son collecteur au Musée colonial de Marseille. Enfin, en 1962, elle a été transférée au musée de l’Homme à Paris.
Exposer
La couronne d’officiant taoïste a été présentée par le musée colonial lors de l’Exposition Coloniale de 1906, illustrant l’intention de mettre en avant le travail documentaire et scientifique de l’expansion coloniale française dans le monde.
Étudier
La conquête scientifique s’inscrit dans le cadre du développement du savoir universel propre à l’époque. Ainsi, la classification du monde se réalise à travers l’observation minutieuse, la description détaillée, la reproduction fidèle et la conservation des séries d’objets.
Auteurs et autrices
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JARRIN-YANEZ María José
Post-doctorante en histoire de l’art, TELEMMe
Bibliographie
Archives de l’École française d’Extrême-Orient :
MSS EUR/345, « Légende thô », texte traduit d’un manuscrit ancien trouvé chez les man. Manuscrit adressé par [J.] Maire à Louis Finot directeur de l’EFEO, [1899-1929].
Pour citer
(2025). “Couronne d’officiant taoïste”, Mars Imperium (https://marsimperium.org/couronne-d-officiant-taoiste), page consultée le 3 mars 2025, RIS, BibTeX.