Masque ejumba

Masque zoomorphe réalisé en vannerie tressée recouvert d’un enduit noir et orné de graines rouges. Deux yeux tubulaires signalent le visage de l’animal, ainsi que deux cornes de bœuf, positionnées au niveau des tempes, pointant vers l’avant et orientées vers le bas. Au sommet du masque, une pointe en vannerie n’est pas recouverte d’enduit.

Masque, Inconnue, Collections Afrique - Musée d’Arts Africains, Océaniens, Amérindiens

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Fonction ou usage d’origine

Masque-heaume destiné aux jeunes hommes non-initiés (Mbath ou Ambacc) en vue de la cérémonie collective d’initiation, le Bukut. D’un point de vue formel, le Bukut se déroule durant plusieurs semaines dans un bois sacré. Il regroupe une suite de rites touchant au spirituel et à des mises à l’épreuve physique. Le masque-heaume duquel tombent normalement des longues fibres végétales (raphia) compose le costume de l’initié. Il est vraisemblablement confectionné par les impétrants durant la période d’initiation et semble n’être porté que lors de leur retour du bois sacré, notamment pour l’exécution de danses. Le costume, particulièrement le masque-heaume, porte les attributs symboliques de la force mais signifie également l’intégration de l’initié dans sa communauté. Danses, chants et sacrifices, notamment de bœufs, accompagnent certaines étapes de la cérémonie.

Description

Ce masque-heaume zoomorphe, réalisé en vannerie tressée en damiers, est recouvert d’un enduit noir - à l’exception d’une partie en pointe au sommet du masque. Il est orné de graines rouges et noires mais d’autres exemplaires le sont également de coquillages. À l’origine, de longues fibres végétales, ici lacunaires, y sont attachées et viennent occulter le corps de l’initié. Deux yeux tubulaires entre lesquels apparaît une protubérance discrète marquent la face du masque, tandis que deux cornes de bœuf (dont l’une est cassée) aux ergots pointant vers l’avant et le bas, sont positionnées au niveau des tempes.

Exposition

Collecté par la mission d’André Rançon en Haute Gambie (actuel Sénégal) entre 1891 et 1892 il est entré dans les collections du Musée colonial de Marseille après 1892 puis dans les collections du Musée d’Arts Africains, Océaniens, Amérindiens - MAAOA, Ville de Marseille, en 1989.

Auteurs et autrices

Bibliographie

Rançon André, Dans la Haute-Gambie - Voyage d’exploration scientifique - 1891-1892, Paris, Société d’éditions scientifiques, coll. « Annales de l’Institut colonial de Marseille » (2), 1894.

Pour citer

HARDY PICARD Floriane, MARTIN Benoit (2024). “Masque ejumba”, Mars Imperium (https://marsimperium.org/masque-ejumba), page consultée le 30 novembre 2024, RIS, BibTeX.