L’échantillon de latex du musée provient d’une entreprise coloniale indochinoise, les plantations de Kratié. Le latex, liquide lors de sa récolte est présenté dans une bouteille en verre.

Échantillon botanique, 4e quart 19e siècle - 1er quart 20e siècle, Faculté des Sciences - Université d'Aix-Marseille, Faculté des Sciences - Université d'Aix-Marseille, Ancien musée colonial de Marseille

Voir la notice détaillée

Collecte

Si les premiers à découvrir le latex furent les Aztèques, celui-ci ne fut redécouvert qu’en 1737 par Charles Marie de Condamine au Pérou. De nombreuses plantes fournissent du latex, une substance produite au niveau des canaux laticifères pour les protéger en cas de blessure. Une des premières utilisées fut l’Hevea brasiliensis (Willd. Ex Juss.) Müll. Arg., originaire du Brésil et introduite en Indochine en 1897. Au départ, tant que la demande était raisonnée, le latex provenait de la cueillette. Mais à la fin du XIXe siècle, consécutivement au développement industriel, la demande en caoutchouc a explosé. Ceci a fortement contribué à la recherche d’autres plantes à latex et à la mise en place de grandes plantations d’hévéa partout dans le monde.

Du latex au caoutchouc

Les ouvriers récoltaient le latex en réalisant des incisions dans l’écorce. De l’ammoniaque était souvent ajouté pour éviter la solidification du latex avant son arrivée dans les sites de transformation. La transformation du latex en caoutchouc se faisait par coagulation, ce phénomène pouvant être accéléré par l’ajout d’acide et de fortes températures. Une fois la coagulation réalisée, le latex se solidifie et devient alors du caoutchouc dont il existe différentes qualités qui dépendent de la plante et des processus de transformation.
Par son imperméabilité, son élasticité et sa ténacité, l’utilisation du caoutchouc ne cesse de croitre dans l’industrie pour devenir une matière première incontournable. En Indochine, où de nombreuses sociétés coloniales sont installées, la culture de plantes à latex et la production de caoutchouc occupent une place importante dans l’économie. La production de la plantation des terres rouges en Cochinchine, l’une des sociétés les plus importantes, atteint 2000 tonnes de crêpes en 1926, tandis que celle de la plantation de Kratié, au Cambodge, en produit 467 tonnes en 1936.

Exposition

Henri Jumelle, directeur du Musée colonial, rédige un ouvrage de synthèse intégrant la description des « plantes à caoutchouc », l’exploitation, le rendement et la transformation. Il s’illustre aussi dans la description de plusieurs nouvelles espèces de plantes à latex. La présence de ces différents échantillons de latex et de caoutchouc, faisant l’objet de recherches intenses au sein de l’Institut colonial de Marseille, témoigne de l’importance de cette matière première dans le commerce et l’industrie au début du XXe siècle.

Auteurs et autrices

Bibliographie

Bulletin des caoutchoucs, Institut colonial de Marseille à partir de 1920. https://numba.cirad.fr/ark:/12148/bpt6k9745026d

Pour citer

VILA Bruno (2024). “Latex”, Mars Imperium (https://marsimperium.org/latex?parcours=142), page consultée le 30 novembre 2024, RIS, BibTeX.