Graines oléagineuses d’Inde

Dans les vitrines du musée, on trouve deux pots en verre contenant des fruits et des graines d’Amoora rohikuta. L’échantillon présenté ici a la forme d’un grand flacon possédant un goulot fermé par un bouchon en verre. Inventorié sous le numéro 203, il contient, dans un liquide, deux hampes de fruits dont la plupart se sont détachés et sont tombés au fond. L’étiquette mentionne qu’il s’agit de « graines grasses de l’Inde – Introduit à la station d’essai d’Ivoloina »
Échantillon botanique, 1er quart 20e siècle, Faculté des Sciences - Université d’Aix-Marseille, Faculté des Sciences - Université d’Aix-Marseille, Ancien musée colonial de Marseille
Contexte
Cet arbre, aujourd’hui connu sous le nom Aphanamixis polystachya, a été introduit à la station d’Ivoloina (Madagascar) à la fin du XIXe siècle. A cette époque, des instructions claires sont données par Gallieni (général et administrateur colonial français connu pour ses méthodes brutales appliquées durant la conquête de Madagascar) : les stations d’essai, comme celle d’Ivoloina, sont là pour former de véritables plantations modèles où les colons pourront étudier les plantes susceptibles de s’y développer.
L’espèce est mentionnée comme originaire d’Inde mais elle est aussi présente dans les colonies françaises, notamment en Indochine. En Inde, les Anglais ont étudié le rendement en huile de ces graines, que le Musée colonial de Marseille a comparé avec celui des graines cultivées à la station d’Ivoloina. À Marseille, plusieurs usines, comme l’huilerie Rocca Tassy de Roux se sont penchées sur l’utilisation de ces graines. Caractérisée par son odeur désagréable et son amertume, l’huile tirée des graines ne peut être alimentaire. Ne convenant pas non plus au bétail (tourteaux), elle est utilisée comme huile à bruler. Cependant, Amoora rohituka possède également un potentiel en savonnerie. Les recherches menées sur cette plante confirment le grand intérêt de l’industrie Marseillaise pour les matières grasses.
Collecte
Grâce aux indications figurant sur les étiquettes, nous savons que les échantillons présents au Musée colonial proviennent de la station d’essai d’Ivoloina. C’est sans doute par ce biais et pour des raisons économiques, notamment son utilisation dans l’huilerie, que ces échantillons sont parvenus au Musée colonial de Marseille.
Étude
Amoora rohituka fut décrit en 1833 par Wight & Arn. Il s’agit d’un arbre de la famille des Méliacées pouvant atteindre 30 mètres. Il se développe dans les forêts tropicales d’Asie en zone montagneuse de basse et moyenne altitude. Il possède de très grandes feuilles (30-60 cm). Lors de la floraison, on observe des inflorescences d’une trentaine de centimètres portant des fleurs de couleur jaune-orangé de moins d’un centimètre de diamètre. Les capsules formées contiennent des graines aplaties grisâtres.
Exposition
L’échantillon est présent dans l’inventaire du Musée colonial en 1916. À son démantèlement il intègre les collections de la Faculté des sciences de Marseille.
Auteurs et autrices
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VILA Bruno
Écologue, LPED
Pour citer
(2024). “Graines oléagineuses d’Inde”, Mars Imperium (https://marsimperium.org/graines-oleagineuses-d-inde), page consultée le 30 novembre 2024, RIS, BibTeX.