Le aye-aye, récemment restauré, mesure environ 80 cm. Il possède de grandes oreilles membraneuses, de grands yeux, une longue queue hirsute et de grandes incisives. Son pelage est constitué de poils blancs sur la face ventrale et brunâtres sur la face dorsale. Ses membres sont peu allongés, les antérieurs terminés par une main à cinq longs doigts, l'annulaire étant particulièrement allongés. Ces doigts sont terminés par des griffes pointues, lui permettant de s’accrocher aux arbres. C’est la raison pour laquelle notre sujet est naturalisé sur une branche afin de rappeler son mode de vie arboricole.

Échantillon zoologique, Faculté des Sciences - Université d’Aix-Marseille, Faculté des Sciences - Université d’Aix-Marseille, Ancien musée colonial de Marseille

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Spécimen naturalisé d’un lémurien endémique de Madagascar

Collecte

Le aye-aye a été observé pour la première fois par P. Sonnerat dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Il a rapidement posé un problème de classification qui resta d’actualité jusqu’à très récemment. Pendant longtemps les naturalistes n’ont pas su si le aye-aye était un primate, un rongeur ou un marsupial. C’est le naturaliste allemand J.F. Gmelin qui le nomme Sciurus madagascariensis en le plaçant au sein du genre Sciurus celui de l’écureuil. Il était alors considéré comme un rongeur en raison de la disposition de ses dents mais en 1795, E. Geoffroy Saint-Hilaire lui créé un genre particulier, le genre Daubentonia et le classe parmi les Lémuriens, sous-ordre de l’ordre des Primates.

Les particularités du aye-aye

Le aye-aye, récemment restauré, mesure environ 80 cm. Il possède de grandes oreilles membraneuses, de grands yeux, une longue queue hirsute et de grandes incisives. Son pelage est constitué de poils blancs sur la face ventrale et brunâtres sur la face dorsale. Ses membres sont peu allongés, les antérieurs terminés par une main à cinq longs doigts, l’annulaire étant particulièrement allongé. Ces doigts sont terminés par des griffes pointues, lui permettant de s’accrocher aux arbres. C’est la raison pour laquelle notre sujet est naturalisé sur une branche afin de rappeler son mode de vie arboricole.
Le aye-aye est le seul primate à posséder 18 dents contre 36 habituellement. Mais le aye-aye se caractérise aussi par son mode de chasse. Celui-ci est rendu possible par l’hypertrophie du troisième doigt de ses pattes antérieures et une ouïe le rendant capable de percevoir de très faibles fréquences. Grâce à ses doigts, il tapote le bois mort et grâce à son ouïe très développée il repère les galeries creusées par des insectes xylophages. Une fois ses proies repérées, il les extrait du bois à l’aide de ses dents et de ses longs doigts. Le jour, le aye-aye se cache des prédateurs et se repose dans un nid qu’il a confectionné à partir de feuilles dans les arbres à une dizaine de mètres du sol. Les populations de cette espèce se réduisent à grande vitesse à cause du braconnage, de la déforestation et des légendes locales. Le aye-aye, endémique de l’île de Madagascar, est aujourd’hui classé en danger sur la liste de l’UICN.

Exposition

Bien que le aye-aye soit aujourd’hui conservé dans les collections de zoologie, il provient très probablement du Musée colonial. Malheureusement, à ce jour, aucun document nous permet de l’affirmer. Le cas du aye-aye n’est pas isolé, car seuls des inventaires partiels du musée colonial de Marseille subsistent.

Auteurs et autrices

Pour citer

VILA Bruno (2024). “Aye-aye”, Mars Imperium (https://marsimperium.org/aye-aye), page consultée le 30 novembre 2024, RIS, BibTeX.