L’assassinat d’Ibrahim Ali ou la prise de conscience de la présence comorienne à Marseille
En 1995, la population comorienne à Marseille se révèle aux yeux de l’opinion publique à l’occasion d’un événement tragique. En pleine campagne électorale pour l’élection présidentielle, dans les quartiers nord de Marseille, trois colleurs d’affiche du Front national rencontrent un soir trois jeunes qui courent en sortant d’une répétition de rap pour rejoindre leur quartier. Un colleur d’affiche tire et l’un des jeunes, Ibrahim Ali, décède. Français d’origine comorienne, abattu par des militants d’extrême droite, sa mort est rapidement interprétée comme un crime raciste, et fortement médiatisée. Jean-Marie Le Pen prend alors publiquement la défense du meurtrier et critique la présence des 50 000 Comoriens dans la ville, créant une vive polémique. Cette mort tragique met en lumière la communauté comorienne, particulièrement nombreuse à Marseille, ville considérée comme la 5e île des Comores. Elle réinscrit également Marseille dans une histoire du racisme et de la xénophobie en France. La mémoire d’Ibrahim Ali a été honorée en 2021 avec l’inauguration d’une avenue à son nom.
Auteurs et autrices
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GASTAUT Yvan
Historien, URMIS
Bibliographie
(2002). Les Comoriens à Marseille : d’une mémoire à l’autre, Autrement, Paris, RIS, BibTeX.
(1999). “La peur était déjà de la haine… Histoire d’un meurtre”, in Sibony Daniel (dir.) (édité par), Psychopathologie de l’actuel. Événement III, Le Seuil, Paris, p. 121-123, RIS, BibTeX.
Pour citer
(2025). “L’assassinat d’Ibrahim Ali ou la prise de conscience de la présence comorienne à Marseille”, Mars Imperium (https://marsimperium.org/l-assassinat-d-ibrahim-ali-ou-la-prise-de-conscience-de), page consultée le 7 février 2025, RIS, BibTeX.