L’échantillon, provenant du Tonkin (actuel Vietnam), se présente sous la forme d’un petit fagot d’écorces rassemblées par de fines cordelettes. Les écorces sont sombres sur leur face externe, plus claires sur leur face interne et les plus larges se sont enroulées sur elles-mêmes. Comme l’indiquent les étiquettes figurant sur l’échantillon, la cannelle du Tonkin a été donnée par le colonel Pelletier au Musée colonial de Marseille. Portant le numéro d’inventaire 333, l’étiquette mentionne également qu’elle servait à payer l’impôt royal.

Échantillon botanique, Faculté des Sciences - Université d’Aix-Marseille, Faculté des Sciences - Université d'Aix-Marseille, Ancien musée colonial de Marseille

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Petit fagot d’écorces de cannelle collecté par le colonel Pelletier

Contexte

La cannelle est un produit auquel on attribue de nombreuses propriétés et ceux depuis l’Antiquité. Très utilisée pour son arôme, son parfum et ses vertus médicinales, elle joua, avec d’autres épices, un rôle majeur dans le développement des routes commerciales. On considérait les bonnes cannelles d’Indochine comme supérieures à celle de Chine. Dans les années 1920, l’exportation annuelle de la cannelle d’Indochine variait de 600 à 800 000 kilos.

Étude

De la famille des Lauracées, la cannelle appartient au genre Cinnamomum. Celui-ci regroupe 250 espèces d’arbustes et d’arbres, mais les 3 espèces les plus connues sont celles ayant une production utile à l’homme : Cinnamomum camphora (L.) J. Presl. qui fournit le camphre, Cinnamomum verum J. Presl. pour la « vraie » cannelle et Cinnamomum cassia (L.) J. Presl. qui produit une variante de la cannelle dite cassée ou de Chine. Contrairement aux autres cannelles, la cannelle cassée est de moins bonne qualité et peut être toxique pour l’homme par la présence de grande quantité de coumarine. L’espèce mentionnée sur notre échantillon est Cinnamomum obtufosifolium Nees 1831. Il s’agit d’une autre cannelle, celle d’Annam dont le cannelier est réparti sur toute la longueur de la chaine Annamitique. On le trouve à l’état spontané en Cochinchine, en Annam, au Tonkin (actuel Vietnam), au Laos et au Cambodge.

L’écorce provient d’arbres cultivés ou sauvages. D’un point de vue commercial, les écorces étaient classées selon leur provenance et les parties de l’arbre sur lesquelles elles étaient récoltées (gros troncs, petits troncs ou branches). Les grands centres d’exploitation se situaient en Annam, dans les provinces du Quang-nam, Quang-ngai, Nghé-an et Thanh-hoa. En Annam, la qualité supérieure était appelée « cannelle royale » et obtenue au Than-hoa sur de gros arbres sauvages. Chez les Muongs une partie de cette récolte était prélevée comme part royale.

Exposition

Comme l’indiquent les étiquettes figurant sur l’échantillon, la cannelle du Tonkin a été donnée par le colonel Pelletier au Musée colonial de Marseille. Portant le numéro d’inventaire 333, l’étiquette mentionne également qu’elle servait à payer l’impôt royal.
La collection du Musée colonial comprenait une quinzaine d’échantillons de cannelle de différentes provenances d’Indochine.

Auteurs et autrices

Pour citer

VILA Bruno (2024). “Cannelle”, Mars Imperium (https://marsimperium.org/cannelle), page consultée le 30 novembre 2024, RIS, BibTeX.