Applique de chambranle de porte

Taillé dans une seule pièce en bois de houp, de forme longiligne et rectangulaire, aux extrémités arrondies, cette applique de porte de grande case kanak est composée de 2 parties. Une partie supérieure représente une tête humaine aux sourcils proéminents, ayant de petits yeux, un nez busqué avec de larges narines, une petite bouche, un front bombé limité par un bandeau orné de dessins géométriques. La partie inférieure est ornée de dessins géométriques sculptés. Une ligne médiane formée par quatre losanges en relief peints en noir est disposée verticalement. L’un des losange porte un orifice. Ces losanges sont encadrés de chaque côté par des motifs de forme semi octogonale formés par des rainures rouges en relief avec un rectangle noir au centre. L’extrémité inférieure de l’applique, destinée à être fichée dans le sol, est en bois brut.
Au sein du village kanak, la grande case est le lieu où se réunissent les hommes. Autour du chef, ils y prennent les décisions concernant le clan. C’est un espace de parole sacré dans lequel on entre en se courbant en signe de respect.
Les appliques de porte, encadrant la porte de la Grande Case, ont une fonction architectonique mais aussi protectrice puisqu'elles en sont les gardiens. Le bois de houp symbolise à la fois l’arbre des origines des premiers occupants de la terre et le chef du lignage.

Statuaire, Avant 1900, Collections Océanie

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Fonction d’usage ou origine

La Grande Case est un espace sacré qui possède une forte puissance symbolique pour les groupes qui y sont rattachés (clan, chefferie). Les chambranles et leur décoration en applique, situés de chaque côté de la porte, font partie des composants les plus importants de l’architecture de cette habitation ancestrale avec le poteau central et sa flèche faîtière et les poteaux de tour de case. Les appliques de chambranles ont une fonction fondamentale puisqu’elles sont destinées à maintenir la paroi faite d’écorce et à cacher le joint avec la porte. Les appliques sculptées appelées Jovo ou Talé possèdent également une fonction tutélaire et apotropaïque puisqu’elles représentent les ancêtres qui sont les gardiens de la Grande Case.

Description

Cette applique de chambranle est taillée dans une seule pièce de bois de houp, un bois dense et imputrescible mais tendre. L’applique est de forme rectangulaire à surface convexe. Au sommet on distingue la trace d’une encoche qui sert à fixer l’applique. La partie basse, non sculptée, est celle fichée dans le sol.
Une figure humaine est sculptée en partie supérieure. Elle est encadrée au-dessus du front par une frise de chevrons (stylisation de la cordelette de la fronde Kanak) et au-dessous, par une barbe. Les sourcils sont saillants et prolongés sur les tempes par des motifs jusqu’à des oreilles stylisées. De chaque côté d’un nez proéminent, aux ailes bombées et aux narines gonflées, deux yeux exorbités sont sculptés. Une petite bouche droite aux lèvres fines légèrement ouvertes semble comprimée par deux larges joues rebondies. Le reste de l’applique est sculpté de motifs géométriques. Des lignes médianes délimitent des rectangles et des losanges à facettes dont l’un porte un orifice. Ces derniers sont peints en noir comme le visage.

Exposition

Collecté avant 1906, cet objet est entré dans les collections du Musée colonial par le don Pelletier en 1906. Il est ensuite entré dans les collections du Musée d’Arts Africains, Océaniens, Amérindiens - MAAOA, Ville de Marseille.

Auteurs et autrices

Pour citer

HARDY PICARD Floriane, MARTIN Benoit (2024). “Applique de chambranle de porte”, Mars Imperium (https://marsimperium.org/applique-de-chambranle-de-porte), page consultée le 30 novembre 2024, RIS, BibTeX.